Cet
établissement filialisé en 1999 par IBM à parité avec Siemens puis la
nouvelle entité allemande Infinéon emploie 1400 salariés contre 3000
aux grands moments de la splendeur IBM, dont 400 chercheurs.


Les équipes sont démoralisées et on peut les comprendre car depuis
1999 l’usine vit à la recherche d’un repreneur et se replie sur
elle-même. Sa production de très haute technologie était en avance mais
se retrouve aujourd’hui concurrencée par l’Asie où des investissements
massifs des grandes entreprises internationales du secteur ont été
réalisés pour profiter d’une main d’œuvre à bas coût.


Faute d’investissement supplémentaires l’entreprise n’intéresse pas
de repreneur à l’exception d’une piste russe il y a deux ans, d’un
vague projet franco-algérien il y a quelques mois et, tout
dernièrement, d’un montage emmené par Serge Dassault dans lequel ce
dernier verserait une première dotation de 40 millions d’euros.


En vérité la situation de cette usine révèle les maux terribles de
notre économie notamment de notre industrie de haute technologie. Pas
d’entreprise mère française capable d’avoir une stratégie à moyen
terme, 15 ans de déficit d’investissement, une absence de dialogue
social et de motivation collective et ajoutons à cela les 35 heures,
l’image de la France en matière sociale, les charges qui pèsent sur
l’emploi plutôt que la TVA sociale qu’a su mettre en place Mme Merkel.


Et bien évidemment comble de tout, un libre échange déloyal avec des
pays asiatiques qui investissent des milliards d’argent public alors
que l’Europe interdit toute politique industrielle, sans même parler
d’un le yuan chinois sous-évalué de 50%.


Nos industries ressemblent ainsi à un coureur cycliste qui devrait
commencer le Tour de France avec quatre freins serrés sur chaque roue !
On lui souhaite bien du courage !


Ces contraintes aberrantes, nous nous les infligeons à nous-mêmes,
par incapacité à voir le monde tel qu’il est, prisonniers que nous
sommes des idéologies et des intérêts d’une petite classe qui se
goinfre de la mondialisation, pendant que la grande majorité crève.


Si ces handicaps étaient levés, très vite nous pourrions relocaliser
beaucoup d’activités et restaurer une dynamique de compétitivité de
notre économie.


En un mot, la situation de l’Europe pouvant difficilement être pire,
un changement de cap, même timide, produirait immédiatement ses effets.
Là encore, faudrait-il le vouloir, se donner les moyens de réveiller
les Français, leur indiquer ce changement de direction, ne pas faiblir.


C’est tout l’enjeu de notre Convention du 10 avril prochain sur
l’emploi et le pouvoir d’achat où nous proposerons les mesures
concrètes pour sortir notre pays de cette débâcle industrielle.