Plan d’aide : un sursis, rien de plus…
Par Nicolas Dupont-Aignan le mardi, mai 11 2010, 17:31 -
Déjà une semaine que je n’ai pas rédigé un billet de mon blog, mais l’actualité a été si intense…
Les événements se sont accélérés pour aboutir à une fuite en avant
sans précédent des dirigeants européens dans le dogme de l’euro.
Car le nouveau plan de 750 milliards d’euros annoncé dimanche ne
résout rien au fond, même s’il permet de gagner du temps et de faire
croire à l’opinion que la monnaie unique est sauvée. Il n’en est rien,
bien évidemment, ce plan se heurtant à deux impasses : l’une
économique, l’autre politique.
L’impasse
économique s’explique tout simplement par le maintien de l’euro comme
monnaie unique pour des économies bien trop différentes. Un euro qui
reste un étouffoir pour les pays du Sud et pour la France, les
empêchant de relancer leur économie, pour régler leur dette et investir
pour l’avenir.
Ni la Grèce, ni l’Espagne, ni le Portugal, ni l’Italie, ni la
France, il est vrai à des degrés divers, ne peuvent s’en sortir avec la
monnaie unique dans sa forme actuelle et les mesures qu’elles
s’empressent d’adopter pour rassurer l’Allemagne vont plonger le
continent dans une récession cumulative, voire dans une véritable
dépression économique à l’image de celle où se débat le Japon depuis 10
ans !
De surcroît, les peuples n’accepteront pas une cure d’austérité
supplémentaire qu’on leur inflige pour, une fois de plus, sauver la
mise à des banques qui s’en sortent « sans une vitre cassée ».
Et que se passera-t-il dans 6 mois, 1 an ou 2 ans, quand les marchés
comprendront qu’ils ont été floués ? Que diront alors les Allemands et
les défenseurs d’une banque centrale européenne indépendante quand ils
verront que l’accord d’aujourd’hui était un marché de dupes ?
Mais l’impasse est aussi politique, car bien sûr, le plan de
soutien, s’il devait être mis en application susciterait un tollé dans
la plupart des pays qui n’accepteront jamais de se ruiner pour remplir
le tonneau des Danaïdes européen. Conçu à l’origine pour forcer les
peuples à basculer dans le fédéralisme économique puis politique,
l’euro serait sur le point, nous dit-on, de permettre enfin l’émergence
d’un vrai gouvernement économique européen. Mais dès qu’il s’agira de
passer à la caisse, bien évidemment, plus personne ne voudra payer.
La seule solution reste donc bien le retour des monnaies nationales
qui pourraient être assorties d’un euro monnaie de réserve les
surplombant. Une autre solution, comme le préconise ce matin
l’économiste Christian Saint-Etienne ce matin dans un grand quotidien,
serait peut-être de scinder la monnaie unique en deux entités, l’une
organisée autour de l’Allemagne, l’autre autour de la France.
Faute d’anticiper ce changement indispensable, les dirigeants
européens vont administrer, en pure perte, des cures d’austérité sans
précédent, qui provoqueront des révoltes sociales et des troubles
politiques. Quel gâchis !
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